
La pluie tombe dans la nuit.
Ici s'achève le dimanche 3 février 2008.
Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai l'impression que ce dimanche est assez spécial.
Pourquoi ?
Elle se solde avec pas mal de bleus, pas mal de réflexions et une médaille d'argent bien amère.
...
Bon, commençons par le commencement, ce sera le mieux.
Aujourd'hui, levée à 7h30 (un dimanche, mon Dieu, alors que je suis si fatiguée TT). Pourquoi donc ? C'était un dimanche de compétition d'escrime.
D'habitude, je ne vais jamais aux compet'... Ou très rarement.
Trop de travail, pas assez de motivation.
Pourtant, aujourd'hui, je m'y suis rendue comme on se rend à une fête.
C'était la compétition du club, je savais que j'étais attendue, je savais que les autres comptaient sur moi.
=)
J'ai commencé ma journée en chassant mes rêves : mes cauchemards ont recommencés. Et puis, ma voisine de classe a une influence terrible sur moi, j'ai rêvé que mon bras droit était cassé XD
Enfin j'en ris...Mais la suite de ce cauchemard, vous la connaissez...
Ensuite, je suis descendue, avec un sentiment plutôt mitigée : ne sachant si j'étais motivée, heureuse, ou démoralisée et réticente.
Il faut dire que je n'avais toujours pas digéré une dispute avec mes parents, qui avait eu lieu la veille au soir.
Mais bon... A la radio, ils racontaient l'histoire d'une fille qui avait fait assasiné sa mère à coup d'arbalette, en Finlande je crois...
Ca m'a marqué.
Mais voilà, en pleine forme, je me suis rendue à la voiture. J'ai rarement vu d'aube aussi belle. Même si cet aurore se levait sur un périphérique désert sur quelques accords de blues, j'ai trouvé qu'il y avait un charme indéniable à la scène.
Arrivée là bas, c'était génial.
Les avoir tous autour de moi, se préparer ensemble, rire, déconner...
A cavaler partout comme les gamins que nous sommes, passer par tous les couloirs déserts, comme si nous étions chez nous (ce qui, en un certain sens, était le cas)
En marchant dans ces couloirs, à suivre mes coéquipiers, je me suis surprise à sourire, sourire avec défi, sourire avec fierté, sourire avec bonheur, marcher d'un pas décidé, marcher d'un pas léger.
Devrai je parler de la compétition elle-même ? Sans doute.
Nous, l'équipe des Protozoaires (XD), vêtus de nos blouses d'SVT (dont la mienne tâchée de bleu de méthylène et de sang d'agneau (jamais parti à la machine X3), devions affronter deux autres équipes de cadets, les ...mousquetaires de Périgny ? et les Ptits Nazes (hmm oui, les gros Nazes étaient déjà pris, mais ils viennent justement tous deux de ... St Nazaire)
Je ne suis pas certaine d'avoir à parler de nos combats.
Disons que j'ai préféré l'échauffement : il y avait bien longtemps que je n'avais pas pris un tel plaisir à courir.
Bon, je devrais sûrement évoquer cette matiné de combats:
Nous avons d'abord affronté les mousquetaires de mon cul (hmm vous comprendrez bientôt pourquoi je dis ça), les ptits nazes ayant mystérieusement disparu.
Dès le départ, j'étais plutôt antipathique envers eux, les trouvant arrogants, puérils, et puis, un peu plus tard, à la limite de l'irrespect.
Quoi de plus dérangeant d'entendre au bord de la piste des rires goguenards avec la désagréable (et O combien haïssable) impression que ces ricanements vous sont destinés ?
Bref.
Nous avons perdus.
Puis, ayant retrouvé comme par miracle les ptits nazes qui avaient été portés disparu, nous les avons laissés entre les mains des mousquetrucs et sommes repartis courir dans les couloirs, à encourager les autres membres de notre club.
J'ai adoré cette sensation d'être partout à la fois, pas sérieux...
Enfin bref, nous sommes revenus à la salle ( nous étions séparés de l'autre grande salle où toutes les autres catégories competitiaient (:p)) où nous avons pus constater que l'un des ptits nazes était blessé, suite à une mauvaise flèche qui l'avait projeté contre le mur et où il s'était mal réceptionné : résultat, les deux poignets en vrac.
On a donc fait connaissance avec eux en soignant le pauvre ptit 'drien.
Autant je n'aimais guère l'autre équipe, autant cette équipe là était très sympathique.
Nous avons tirés contre eux.
On a gagné, mais... Hmm disons que si le blessé ne l'avait pas été, ça aurait pu se passer autrement. Je dis aurait, parce que je n'en suis pas sûre.
Mais, lorsque nous avons tirés contre eux, les mousquetaires désoeuvrés s'occupaient à la manière de gamins de 7 ans.
Et puis finalement, sont venus se foutre ouvertement de notre gueule (je pense qu'un des torts de notre équipe était qu'elle comptait deux filles et un garçon ! Mon Dieu, une équipe avec des fiiiiiiilles quelle horreur -_-")
Ma chère et tendre coéquipière a fini par piquer sa crise, les gros lourds ont pris la fuite, elle a balancé son épée et son masque avant de leur cavaler après.
J'ai fait mon assaut, mais lorsque Ghislain est revenu en me disant qu'Elise avait disparu, on est partit avec un autre camarade la chercher.
On était plus inquiets pour les autres que pour elle.
Oui, parce que si dans les deux minutes elle avait croisé le chemin des débiles, je pense qu'il y aurait eu du sang.
On a finit par la retrouver, comme une enfant adorable et boudeuse, sur un rebord de fenêtre du local à pétanque (complexe sportif powa) On l'a consolé, cajolé...
Après on est allés manger.
On avait prévenu notre maître d'armes de la situation, et puis on a rejoint ceux qui sont dans notre cours mais qui ne tiraient pas dans la même catégorie que nous.
J'ai adoré le fait d'être intégrée à un groupe nombreux, pas forcément tous des amis mais tout du moins d'excellents camarades, dans un milieu où j'étais acceptée et que j'appréciais, de manger ensemble en racontant n'importe quoi, boire ensemble (...je repense encore en me marrant bien, d'ailleurs, aux adultes qui s'offusquaient que nous buvions du cidre bruuuut XD mon Dieu mon Dieu c'est terriiible)
L'après midi fut tumultueuse : nous étions bien remontés.
Enfin, nous avons une nouvelle fois tiré contres les nazairiens ( -1, le blessé était rentré chez lui : il avait bien essayé de tirer deux assauts, mais c'était vraiment trop dur), où nous avons une nouvelle fois gagné.
Et puis, après divers méli mélo, on a re-tirer contre les gros cons.
Mousquetaires de mon fion, oui ! Quand on vient d'un bled pommé que personne ne connait, on se la ferme !
Mais comme a dit justement ma mère dans toute sa finesse "Quand on habite le trou du cul du monde, pour se faire remarquer, on fait des hémoroïdes" XD
Et c'est là que tout devient amer.
J'ai perdu.
J'ai perdu ce que j'aurai pu gagner.
J'aurai tellement voulu offrir une première place à mon équipe, parce qu'ils avaient fait pleurer Elise.
Ils m'avaient mit hors de moi. De colère, mes mains et mes jambes ont trembés.
Mais je pense qu'ils étaient simplement plus forts que nous.
Et ça me met hors de moi.
Cette équipe avait trois gros défauts :
-Ils étaient cons
-Ils étaient arrogants
et surtout
-Ils étaient plus forts que nous.
J'étais dégoûtée à la fin. Vraiment. Vraiment dégoûtée.
Je m'en fiche de perdre, d'habitude. Je ne suis pas si forte en escrime, ma technique, instinctive, est simple à déjouer lorsqu'on tire quelques assauts contre moi (même si il m'arrive d'avoir des bons jours), et je suis habituée à perdre. Je perds tout le temps, d'ailleurs, ou presque. Même en competition, ça joue aussi peut être sur le fait que je n'en fait pas souvent.
Mais cette fois-ci, non.
J'étais vraiment haineuse, envers eux surtout, et aussi contre moi.
Je n'avais pus réussir. J'avais échouer. Ok.
Mais pas contre eux. Pas possible d'être aussi con et fort à ce point.
Vous comprendrez que j'ai mit un peu de temps à avaler mes défaites.
Enfin...
Ca a été bien quand même.
J'ai apprecié le fait d'arbitrer quelques assauts, et j'ai même hésité à m'interesser à la formation d'arbitre, mais bon, je n'aurai pas le temps.
J'ai adoré être entourés d'eux, entendre leurs cris, leurs encouragments, leurs applaudissements. Parces qu'ils étaient autour de moi, ils étaient derrière moi.
Mon Dieu, je deviendrai sociable ?
O_o
...
J'imagine que la plupart des ados de mon âge connaissent cette impression, mais pour moi c'est tout nouveau. D'avoir un groupe autour de moi dans lequel je suis parfaitement intégrée.
Ah oui, il faut que je revienne sur ma médaille d'argent.
Ca me fait bizarre, d'avoir une médaille d'argent. J'y suis pas habituée XD J'ai déjà eu des récompenses, mais là... Je sais pas...
Enfin bref, elle est amère.
Parce qu'il y a quand même deux façons de voir la chose :
-YOuhou, on est deuxièmes !
ou
-...Ah ouais quand même, on est avant-dernier XD
On avait pourant comme objectif d'être avant-avant-dernier X3
J'ai reçu un sac aussi... Il est cool, comme sac XD
Par contre, j'ai plutôt mal digéré le fait que lorsque mon père est arrivé, il grogne.
Je veux dire, je lui avait téléphoné avant la remise des prix en lui disant "viens, ça va être le podium"
Il a grogné. (oui parce que mon père grogne, il marmonne dans sa moustache sans vraiment gueuler mais pour montrer son (trop fréquent) mécontentement.
Moi, j'avais pensé que ça lui ferait plaisir de voir sa fille sur un podium.
Mais apparament non.
Je retiens. Le climat est plutôt tendu entre moi et mes parents en ce moment. C'est la crise d'adolescence qui me fait remarquer à quel point ils sont égoïstes en ce moment ou c'est autre chose ?...
Enfin bref, j'étais tout de même contente de rentrer à la maison avec une médaille autour du cou. Ca rend pas mal, le colier bleu blanc rouge sur un t-shirt blanc XD
Mais étrangement, j'avais l'impression que ce n'était pas la première fois que je rentrais avec une récompense. :/
Pourtant, si. Longtemps, ça a été mon frère en gym.
Enfin voilà...
Ce fut une journée assez riche.
J'ai mal tout partout, j'ai des bleus, des écorchures, une médaille d'argent et un coeur tout mâchouillé. Mais je n'oublierai pas toutes les émotions par lesquelles je suis passée aujourd'hui.
=)